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À propos de Dys-Play

L'histoire de Dys-Play

Le point de départ : Joséphine

Joséphine retient tout. Une chanson entendue une fois, le prénom des gens, le détail d'une histoire racontée des mois plus tôt, ou le concept de la pesanteur : sa mémoire est un coffre-fort.

Elle est vive, drôle, curieuse de tout.

Quand elle parle, on voit une intelligence qui court plus vite que les mots. Elle écoute des podcasts sur de grandes personnalités et nous raconte leurs vies en détail, ou regarde des documentaires scientifiques pointus sur les cercles sous-marins au large du cap Corse, et retient tout.

Et puis il y a le CP

Devant un texte, quelque chose se grippe. Les lettres se retournent, les lignes se sauvent, un mot lu correctement à la ligne 1 redevient un étranger à la ligne 4. La fatigue tombe d'un coup, alors que la tête, elle, voudrait continuer.

Sa mémoire trompe l'entourage : elle a fait lire une fois la page, et l'a retenue.

La dyslexie n'a rien volé à son intelligence — elle a juste posé un mur entre elle et l'écrit.

Et un mur, à l'âge de 6 ans, ça finit par murmurer une phrase terrible : « lire, j'aime pas. »

C'est faux.

C'est en la regardant se battre avec une simple feuille que j'ai eu envie de le prouver autrement qu'avec des mots de réconfort.

Engagé et enragé

Designer, développeur, formateur, moniteur national de premiers secours diplômé et formé à l'accessibilité, j'ai cherché ce qui existait.

Beaucoup de choses en réalité, mais presque toujours payantes et chères, enfermées dans un abonnement, réservées à un système d'exploitation, ou pire : des outils qui demandent d'envoyer le devoir, la lettre intime, le document de travail vers un serveur lointain pour le « traiter ». Et surtout, le plus souvent, des outils peu adaptés aux différentes variantes des troubles dys et neurocognitifs.

Pour aider un enfant ou un adulte à lire, on lui demandait de céder sa vie privée. Ça m'a paru être exactement le mauvais marché.

Alors je me suis dit qu'on pouvait faire autrement. Que ce dont Joséphine avait besoin — et avec elle les 8 à 10 % de la population qui vivent un trouble du langage écrit — ce n'était pas un produit de plus.

C'était un outil gratuit, libre, qui ne sort jamais de l'appareil, qui ne juge pas, qui s'adapte à sa façon de lire plutôt que l'inverse.

Un outil qui parte de ce que dit vraiment la recherche : l'espacement des lettres qui change tout (Zorzi, PNAS 2012), la règle de lecture qui guide l'œil, la voix qui accompagne le texte — et pas du bullshit ni des promesses marketing. J'ai aussi tenu compte des usages réels du terrain, en m'entretenant avec des professionnelles reconnues : Marie Ray-Capet, orthophoniste, et une psychologue clinicienne.

Dys-Play est né de ce moment-là. D'une nièce qui mérite mieux qu'un mur. Et de la conviction que lire confortablement n'est pas un luxe qu'on vend, mais un droit qu'on outille.

Mes lignes rouges

Quand j'ai commencé à écrire Dys-Play, j'ai posé trois règles. Pas des arguments de vente — des refus.

Rien ne sort de l'appareil. Tout se passe dans le navigateur, sur le téléphone ou l'ordinateur de la personne. La photo du devoir, le courrier de l'avocat, la page du roman : rien n'est envoyé nulle part. Même la reconnaissance de texte sur les photos tourne en local. Il n'y a pas de compte, pas de cookie, pas de statistique. Et il n'y a aucune donnée à revendre, parce qu'il n'y en a tout simplement aucune qui soit collectée.

Gratuit, et libre pour de vrai. Pas de version « Pro » qui débloque ce qui devrait être un droit. Pas de pub. Le code est ouvert, publié sous licence AGPL : n'importe qui peut l'étudier, le vérifier, le corriger, le réutiliser. Quand un outil touche à la lecture d'un enfant, je trouve normal qu'on puisse regarder sous le capot.

On dit la vérité sur ce qui marche. C'est là que je deviens pénible. Chaque réglage de Dys-Play s'appuie sur une étude publiée, ou alors il est étiqueté « expérimental », noir sur blanc. L'espacement des lettres ? Prouvé (Zorzi, PNAS 2012). La police « spéciale dyslexie » ? Les études ne montrent aucun bénéfice propre à la forme des lettres (Wery & Diliberto 2017, Kuster 2018) — alors je la propose, mais je ne mens pas en la disant « optimisée ». Les filtres de couleur ? Du confort, pas un traitement. Pas de promesse, pas de bullshit : c'est ce que je devais à Joséphine, et à tous les autres.

Fait main, jusqu'au dernier pixel

Dys-Play, c'est du code cousu main. Pas de framework à la mode, pas d'usine à dépendances, pas de CDN qui piste l'utilisateur à son insu. Du HTML, du CSS, du JavaScript — écrits ligne à ligne, servis depuis un seul endroit, fonctionnant même hors-ligne.

Ce choix n'est pas de la nostalgie. C'est de la cohérence. Un outil qui promet de ne rien laisser fuiter ne peut pas embarquer trente scripts tiers dont personne ne contrôle ce qu'ils font. La sobriété technique, ici, c'est une condition de la confiance — et accessoirement, un site léger qui s'ouvre vite, même sur un vieux téléphone et une connexion fragile.

Même soin sur les polices : Luciole, conçue en France par le CTRDV avec une vraie démarche scientifique, mise en avant ; les autres proposées honnêtement, avec leur licence et leur statut. Et chaque écran pensé pour être utilisable au clavier, au lecteur d'écran, en français comme en arabe (de droite à gauche). Un audit d'accessibilité externe est en préparation — parce qu'on ne se décerne pas à soi-même un brevet de sérieux.

La preuve par l'outil

Je n'ai pas fait Dys-Play seulement pour Joséphine — même si tout est parti d'elle. Je l'ai fait aussi pour démontrer une idée que je défends avec PostHack : on peut construire des outils numériques sobres, souverains et accessibles sans rien sacrifier de leur qualité. Que l'éthique n'est pas le prix à payer pour de la mauvaise technique — qu'elle en est souvent le moteur.

La suite, je la veux collective : ouvrir l'outil à d'autres langues et d'autres usages, le faire évaluer par la recherche, le mettre entre les mains des orthophonistes, des enseignants, des familles. Dys-Play restera gratuit et sans publicité. Il vit sur mon temps libre et mes frais ; si un jour il t'aide, un don (via Liberapay, une plateforme française à but non lucratif) en paie l'hébergement et le développement.

Mais le cœur ne bougera pas. Dys-Play est, et restera, un outil pensé pour les humains avant les machines.

Et si Joséphine, un jour, lit un livre jusqu'au bout en se disant « finalement, j'aime bien » — alors il aura déjà tout réussi.

La mission

Environ 8 à 10 % de la population présente un trouble spécifique du langage écrit. Pour ces lecteurs, un simple document papier, un PDF mal construit ou une page trop dense peuvent devenir un obstacle quotidien — à l'école, au travail, dans les démarches administratives.

Dys-Play est un outil gratuit qui transforme n'importe quel texte (photo, PDF, copier-coller) en une lecture adaptée à tes besoins : police au choix, espacement élargi, syllabes colorées, règle de lecture, lecture à voix haute synchronisée.

Trois engagements non négociables :

Pour qui ?

Dys-Play s'adresse d'abord aux personnes dyslexiques (quel que soit le profil), dysorthographiques et TDA/H — enfants, adolescents et adultes. Il est aussi pensé pour celles et ceux qui les accompagnent : enseignants, orthophonistes, parents. La page Aide et premiers pas détaille les usages concrets.

L'approche scientifique

Plutôt que des promesses, des sources. Les principaux choix de conception s'appuient sur :

Soutenir Dys-Play

Dys-Play est développé, maintenu et hébergé gracieusement, sur le temps libre de son auteur. L'outil restera gratuit et sans publicité. Si Dys-Play t'aide au quotidien, un don — même petit — contribue aux frais d'hébergement et au temps de développement.

♥ Faire un don via Liberapay

Liberapay est une plateforme de dons à but non lucratif, basée en France, sans publicité ni traqueur. Le lien s'ouvre sur un site externe.

Licence et code source

Dys-Play est un logiciel libre publié sous licence GNU AGPL-3.0 : tu peux l'étudier, le modifier et le redistribuer, à condition que toute version dérivée mise à disposition en ligne publie également son code source.

Composants et licences

Tous les composants sont servis localement depuis dys-play.net — aucun CDN, aucune requête vers un service tiers à l'exécution.

Composants logiciels

Polices de caractères

Les autres polices proposées (Arial, Verdana, Georgia, police système) ne sont pas distribuées avec l'application : elles sont utilisées uniquement si elles sont déjà présentes sur ton appareil.

Qui est derrière Dys-Play ?

Dys-Play est édité par PostHack (Rémi Vincent, France). Contact : remi@posthack.com.

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